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 Schuldiger Kinderreim (with Yasu, of course !)

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Mugetsu Nakahara

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Masculin ○ Messages : 25
○ Age : 32
○ Localisation : De l'autre côté du miroir...
○ Emploi/loisirs : Principalement jouer de la guitare !
○ Situation amoureuse : Que... Que... VOUS INSINUEZ QUOI LÀ ? >///<

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Classe: Hôte-Miroir
Situation: Collégien, Lycéen (+fillière), Civil (+métier), Vagabond, ...
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MessageSujet: Schuldiger Kinderreim (with Yasu, of course !)   Ven 9 Mar - 22:47

Tout est affreusement blanc ici. Les murs sont peints en blanc. Le plafond est peint en blanc. Le sol est couvert d’une moquette blanche en tout point semblable à un tapis de neige. La porte, les meubles sont blancs. La lumière qui vient de la fenêtre est blanche. Mon lit est blanc, mes draps sont blancs, ma couette est blanche. Ma chemise d’hôpital est blanche, mon caleçon est blanc, ma peau est toue pâle, sillonnée de veines bleues. La couleur de mes cheveux semble affadie. Mes yeux sont ternes, voilés. Je vis dans un monde sans personnalité où tout n’est que pureté. Je n’ai rien à faire dans ce monde-là. Je ne suis pas pur, moi.

Qu’est-ce que je fous là ? Aucune idée. Je voulais juste qu’on me laisse crever dans mon appart bordélique, dans mon lit défoncé mais coloré. Je n’ai pas demandé à me retrouver encore une fois enfermé dans les salles désespérément blanche de ce putain d’hôpital. Je hais cette couleur. À l’intérieur de moi, tout est noir et violent, tout est sombre et chaotique. J’aimerais vomir ce noir, repeindre ma chambre d’un dégueulis couleur désespoir, j’aimerais tremper mes draps et mes vêtements avec mon joli rouge sang. On m’a coupé les ongles à ras, on m’a enlevé toutes mes affaires, on a écarté tout objet pointu ou tranchant, on m’a même pris ma guitare. On attend que je guérisse.

C’est idiot. Si j’ai été sauvé au départ, c’est grâce à ma guitare, justement. C’est la musique qui m’a ménagée une porte de sortie. Mais il semblerait que je sois dans un état tel que je pourrai en venir à m’étrangler avec les cordes ou me mutiler avec les fragments de bois. Mais dans l’immédiat, je n’ai même plus la force ou l’intention de me suicider.

Je suis une loque. Voilà des heures que je suis recroquevillé sur mon lit, contre le mur, le visage dans mes genoux, les bras autour des jambes. Je ne fais rien à part écouter les voix hurlantes à l’intérieur de mon crâne. J’ai les yeux qui regardent le vide, mes cheveux sont décoiffés, les boutons de ma chemise arrachés. Je voulais que mon tatouage noir combatte toute cette blancheur. Tu parles. On le remarque à peine. On doit me forcer à survivre. On m’endort à coup de sortilèges, on me nourrit avec des perfusions, on soigne ma mucoviscidose de force, on m’emmène aux chiottes, on essaye de comprendre ce qui ne va pas. C’est très simple ; plus rien ne va. J’attends que l’immobilité, le froid et le temps me changent en poussière qui sera balayée par le vent et dispersée aux quatre coins du monde.

Les médecins sont venus me kidnapper. J’étais roulé en boule sous ma couette depuis trois jours, la porte verrouillée, les fenêtres fermées, le téléphone et la sonnette débranchés. C’est mon tatouage qui a envoyé un signal d’alerte. Trois jours sans médicaments, sans soins, sans alimentation ; forcément, ça les a inquiétés. Quand ils sont venus me chercher, j’avais les yeux cernés, les lèvres sèches et craquelées, j’avais perdu trois kilos, la totale. Je m’en fichais. Je m’en fiche toujours. Comment c’est arrivé ? Je sais plus. La déprime est une ennemie sournoise. Mais j’ai craqué en voyant Anastasia. Non, pardon. Anastaaaaaaaa-siaaaaaaaaaaaa ! Comme elle le dit avec son accent chantant. La x-ième conquête de Yasuki.

Ce matin, les infirmières sont encore venues s’occuper de moi. Je n’avais même pas la force de les repousser. Je me suis laissé traîner, tirer, redresser, nourrir, désaltérer, médicamenter. Je sais très bien que leurs efforts ne servent à rien tant que je n’ai pas moi-même la volonté de vivre. C’est le toubib qui l’a dit, pensant que je n’entendais rien. Les gens comme moi, doués d’empathie, peuvent mourir du désespoir, et pas au sens littéraire du terme. C’est tant mieux. Il n’y a même pas une seule surface réfléchissante ici pour que je puisse me réfugier dans le monde de l’autre côté du miroir. De toutes manières, je n’en aurai pas été capable.

Sans raison, je commence à pleurer. Silencieusement. Mes larmes coulent de mes yeux sans vouloir s’arrêter, mouillent mon menton et mon pyjama. C’est à peine si mes épaules sont secouées de sanglots. Je tousse violemment, je sanglote, je m’effondre sur mon oreiller et je pleure des larmes amères, secoué de frissons. Je meurs de froid. Je prends mon oreiller et je le serre contre moi, tourné vers le mur, en chien de chasse. J’ai craché un peu de sang. Je ne l’essuie pas.

Je réussis à me redresser à moitié et tire la couverture à moi. Je me fais une cabane avec. Un nid tout noir, enfin. Et avec un peu de chaleur. Je ferme les yeux et me colle au mur, l’oreiller toujours serré contre moi. Je me tourne à moitié, pour être face au mur. Même avec la couverture par-dessus moi, je ne veux pas être face à ma prison. Combien d’années de vie j’ai gâché comme ça ? Aucune idée. De toutes manières, je doute de manquer à quelqu’un un jour. Je suis bien dans ma petite cabane, en fait. J’aurais du développer cette technique plus tôt. Mes toux m’ont éclaircies la voix, érayée par des jours sans une seule parole. J’ai retrouvé mon timbre normal. Je chantonne une comptine, mais l’air n’est pas gai du tout. Elle me donne envie de pleurer une nouvelle fois mais j’ai le corps trop sec.

J’entends des pas dans le couloir et je sais qu’ils viennent vers ma chambre. Je ne bouge plus, je fais semblant de dormir mais j’ai les yeux grands ouverts, fixés sur nulle part, quelque part dans le vague. Je sais qu’ils sont rougis et toujours aussi vides qu’il y a deux jours quand j’ai vu mon reflet dans le miroir, juste avant de tomber dans les pommes. A cause de la fatigue. Cliquetis du verrou, la porte s’ouvre. La voix du médecin, basse. Il s’adresse à quelqu’un et je ne veux pas savoir qui c’est. Une autre infirmière lambda ou un autre incompétent de la même espèce, voir même un psychologue.


« Monsieur Nakahara… Vous avez de la visite. »

Je me demande bien de qui. Mes parents ? Je n’ai plus de nouvelles d’eux depuis des plombes. Mes amis ? Je leur ai dit que j’étais à l’étranger. Je voulais pas qu’ils sachent. Je voulais juste disparaître tout seul dans mon coin sans que personne ne le remarque. Je serre un peu plus l’oreiller sans répondre. Je perçois des mouvements, le pas du médecin s’éloigne, la porte se ferme. L’autre est là. Il respire et se déplace d’une jambe sur l’autre, mal à l’aise. Je ressens ce mal-être. Je ressens tout à nouveau. Depuis quand n’ai-je pas ressenti ce que ressentent les autres ? C’est comme si un deuxième cœur se remettait à battre.

Une seule explication, c’est une personne à qui j’ai été exposé longuement et qui a été exposée à mes pouvoirs pendant à peu près aussi longtemps. C’est pas possible. Ma couverture glisse sur mes épaules, je cligne des yeux. Je connais cette odeur et cette respiration. Je me retourne, incrédule, heureux et effrayé. C’est la deuxième fois que je vis ça, que j’ai l’impression de voir un fantôme. Théoriquement, c’est le cas. Mais les fantômes n’ont pas des cheveux aussi flamboyants.


« Yasu ?... »

Mon oreiller vole à travers les airs, frôle don oreille gauche et s’écrase contre le mur avec un bruit mou.

« Va-t’en ! Je veux pas te voir… Disparais de ma vue ! DISPARAIS ! »
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