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 Comme au bon vieux temps. (PV Mugetsu)

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Yasu-ki Nihichimaru

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Masculin ○ Messages : 140
○ Age : 31
○ Localisation : 1-14-11 hakka, Den Rei Occidental, Mahora.
○ Emploi/loisirs : Je suis le chanteur du groupe YOMI's dawn.
○ Situation amoureuse : Je vous donne mon numéro de téléphone volontier, pour faire de plus amples connaissances. ;D

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MessageSujet: Comme au bon vieux temps. (PV Mugetsu)   Jeu 23 Déc - 15:21



Un chat. Je me retrouvai là, assis sur une chaise, un paquet de croquettes dans une main et un chat me regardant fixement à partir du sol. D’où sortait ce chat ? Sincèrement, j’en savais fichtrement rien ! Et je m’en fichais pas mal, d’ailleurs : tout ce que je voulais, c’était qu’il arrête de miauler. Ce que ça pouvait être chiant quand ça s’y mettait ! Me levant de ma chaise en soupirant, je bougonnai à son attention :

    « Oui oui, c’est bon, tu vas l’avoir ta bouffe… »


J’attrapai dans un des placards de ma cuisine un vieux bol qui lui servira de gamelle et le posait par-terre. Aussitôt, ce sale goinfre de chat s’en approcha en se frottant paresseusement à mes jambes. AH NON ! Ça c’était carrément dégueulasse, j’étais bon pour une nouvelle douche ! J’ouvris le paquet de croquettes et grimaçai lorsque le parfum de ces cochonneries effleura mes narines… Immonde, juste immonde. Comment les chats pouvaient-ils manger un truc avec une odeur pareil ?!

La bouche légèrement pincée, je m’approchai de la gamelle provisoire et la remplie de croquettes. Ou du moins, j’essayai. Parce que j’avais beau incliner le paquet, le mettre totalement à la verticale même, rien ne tombait. RIEN ! Les lois physiques semblaient être en grève, et les croquettes restaient collées au fond du sachet en plastique. Intrigué, je pris mon courage à deux mains, et même avec mes pieds, pour plonger ma main dans le paquet et prendre des boulettes dans ma paume. Je sentis la nourriture transmutée (ça, c’est mon avis là-dessus…) légèrement suintante entre mes doigts et je fermais ma main dessus. Lorsque je la ressortis, elle demeurait vide… Avais-je acheté ce paquet dans une boutique de farces et attrapes ?!

Regardant le chat d’un air désolé, je lui dis :


    « Désolé, vieux. Je crois qu’il va falloir attendre pour tes croquettes… »


Il prit un air renfrogné et me dit d’une voix embrumée :

    « I read a news today, oh boooooooy »


J’écarquillai les yeux brusquement. Non-pas parce que ce chat savait parler, et en plus en anglais, mais parce que le radio réveil posé sur mon bureau s’était mis à sonner. La tête enfouie dans mon oreiller, je levai lourdement le bras et tâtonnai le haut du meuble à la recherche de cette saleté de réveil. Je touchai ce qui semblait être un paquet de feuilles, les faisant tomber au sol avant d’enfin trouver la source du bruit et appuyer sur le bouton « arrêt ». La chanson des Beatles laissa place au silence. Mon bras retomba mollement sur le matelas, et je daignai enfin redresser la tête. L’écran digital du réveil affichait 16 heures 31. Certains penseront que je suis un énorme flemmard pour me lever à une heure pareille, mais avez-vous déjà disparu un an et passé toute une nuit à fouiller dans vos vieilles affaires ?

Je repoussai ma couette jusqu’à mes chevilles, un léger frisson dû au contraste entre la chaleur de mon lit et la fraîcheur de la pièce parcourut ma peau. C’était le milieu de l’hiver, et il ne faisait pas semblant d’être glacial, alors il me semble inutile de dire qu’en caleçon, je me les gelais. À peine debout, je me jetai sur mon armoire, raflai des vêtements propres et me dépêchai de filer dans la salle de bain.

Après avoir pris une douche brûlante, je me séchai rapidement et enfilai un jeans, un vieux tee-shirt et un gros pull en laine rouge et beige. C’est vrai que ce n’est pas très à la mode et que c’est un peu féminin, mais vraiment, il n’y a rien de plus confortable et de plus chaud que ça. Et puis, tout me va bien ! Sortant de la salle d’eau pieds nus, je me dirigeai d’un pas encore mal réveillé jusque dans la cuisine. Avec l’aide de la mécanique des gestes, je fis griller une tranche de pain de mie dans le toaster et me fit chauffer le reste du café de la veille… Pas génial comme petit déjeuner, mais quand on a la flemme de faire chauffer du riz et du thé, c’est parfait.

Le pain et le café engloutis, je reposai négligemment ma tasse dans l’évier déjà plein à craquer et retournai dans la salle de bain pour me brosser les dents. À nouveau, je jetai un œil à l’heure : 16 heures 57. Ça pouvait aller, je n’étais pas en retard. En effet, hier j’avais téléphoné à Saké, mon meilleur ami, pour lui proposer de se retrouver autour d’un verre vers 17 heures 30. « Comme au bon vieux temps » avais-je même dit ! Le genre de phrase que je ne pensais pas dire aussi jeune, et pourtant c’était sorti tout seul, comme si ça allait de soi.

Revenant dans le salon, je m’arrêtai quelques instants devant la pile de cadeaux qui s’entassait sur la table basse. Je la contemplai quelques instants, deux en particuliers ; l’un rectangulaire emballé dans un papier cadeau rouge (merci la vendeuse) contenait un livre, et l’autre, beaucoup plus gros, emballé grossièrement dans du papier kraft (je n’ai jamais été très doué avec mes mains), renfermait un étui de guitare sur lequel j’avais collé minutieusement de vieilles photos des membres du groupe, toutes en noir et blanc. De bons souvenirs.

Me détournant vers le porte-manteau, j’enfilai une veste d’aviateur en cuir noir, une écharpe et des gants en laine beige. J’attrapai les deux emballages que j’avais observés et sortis de chez moi sans oublier de fermer la porte à clef.

Dehors il commençait déjà à faire nuit, et le froid était mordant. Les trottoirs glacés étaient glissants, de la neige persistait en petits tas au pied des murs et de la buée s’élevait dans l’air au rythme de ma respiration. J’ai beau être mort une fois, je déteste toujours autant l’hiver. Il faisait tellement froid que j’avais l’impression d’avoir les poumons en feu. Quel paradoxe !

Sans qu’il ne fasse totalement nuit, les lampadaires et les décorations de Noël étaient allumés. Les personnes qui traînaient dans la rue se dépêchaient de rentrer au chaud, glissant parfois sur les plaques de verglas. Bon sang, il fallait peut-être qu’ils songent à saler les trottoirs, un peu plus haut dans la hiérarchie. Marcher dehors devenait dangereux, à ce stade là !

Je m’arrêtai enfin à destination, soit un petit pub dans le style britannique un peu miteux mais très chaleureux, entre un antiquaire et un petit cinéma. J’observai mon reflet dans la porte d’entrée avant d’y pénétrer, et je serrai les dents en constatant rageusement que mes joues et mon nez étaient rougis à cause du froid… Ah ! Qu’est-ce que je déteste ÇA !!

Poussant la porte d’entrée, le bruit des conversations m’assaillit les oreilles et la chaleur caressa ma peau. Je refermai rapidement derrière moi pour ne pas laisser entrer le froid, et je saluai d’un rapide hochement de tête quelques personnes présentes. Des habitués qui ne devaient plus avoir l’habitude de me voir, d’ailleurs… et ça se lisait sur leur visage. On aurait dit qu’ils venaient d’apercevoir un fantôme ! Ah ah ah ! Non, il faut que je me calme sur les blagues douteuses…

M’installant à une petite table pas très loin du comptoir et bien en vue de la porte, j’appuyai l’étui de guitare contre la table et posai ma veste et mon écharpe sur le dossier d’une chaise avant de m’assoire. Je regardai la pendule accrochée derrière le comptoir : 17 heures 29. L’heure du rendez-vous. Pour une fois que je n’étais pas en retard ! J’enlevai mes gants et les posai sur la table, près de l’autre cadeau. Un serveur s’approcha de moi pour prendre ma commande, mais je lui demandai de revenir plus tard car quelqu’un devait encore venir.

Quelques minutes plus tard, la porte s’ouvrit enfin pour laisser entrer mon meilleur ami. Voyant sa tignasse blonde, je ne pus m’empêcher de sourire comme à chaque fois que je les vois, lui ou Iku. Je me levai de ma chaise en lui adressant un signe de la main et en l’interpellant :


    « Hé, Saké ! »


Il tourna la tête vers moi et vint près de la table. Je le serai affectueusement dans mes bras, tapotant son dos du plat de ma main. Je le relâchai et me rassis à ma place, faisant attention à ne rien faire tomber de tout ‘l’équipement’ que j’avais pris avec moi.

    « Comment vas-tu ? Pas trop fatigué après les fêtes de Noël, tu tiendras jusqu’au Nouvel An ? »


Je ris légèrement, tripotant nerveusement le paquet cadeau posé sur la table tant j’étais impatient de les lui donner.

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Mugetsu Nakahara

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MessageSujet: Re: Comme au bon vieux temps. (PV Mugetsu)   Mar 18 Jan - 16:09

Je devais dormir. Je devais absolument dormir. Je devais vraiment absolument dormir TOUT DE SUITE. Dor-mir. … Ouais, bon. Mon corps ne comprenais pas les sous-entendus que mon cerveau tentais de lui faire parvenir. Il était minuit passé et j'étais toujours allongé dans mon lit à fixer le plafond. Je m'étais couché une heure auparavant avec un somnifère et j'attendais toujours qu'il fasse un effet. Un soupir épuisé s'échappa de mes lèvres et j'enfuis ma tête sous l'oreiller en poussant un grognement. Il serait grand temps que mon cerveau refonctionne normalement.

Ça faisait déjà deux mois que j'avais des problèmes de sommeil. Depuis que Yasu était réapparu en fait. Je souris dans l'obscurité de ma chambre et croisais les bras, les mains posées sur mes hanches, poussant un nouveau soupir, mais agréable cette fois. Yasu était revenu. Yasu n'était pas mort. Un an de larmes et de douleur avait brusquement cédé place à des jours de douce euphorie en l'espace d'une soirée, celle où mon meilleur ami avait refait son apparition alors que je me disputait violemment avec Iku. Enfin, douce euphorie, douce euphorie… Ils étaient agréables, certes, mais n'avaient pas été de tout repos… Le soir même où Yasu était revenu, je n'ai pas réussi à arrêter mes larmes de couler. Iku, Shiki et Yasu lui-même non plus d'ailleurs. Nous avons pleuré ensemble jusqu'à ce que le sommeil nous emporte, et le lendemain une vie nouvelle avait repris sont cours.

Je ne sais pas du tout à quoi ces deux mois précédents ont ressemblés pour le reste du monde. Moi qui m'était battu pour conserver l'appartement de mon meilleur ami intact, j'avais pû lui rendre la clé que je portais en pendentif depuis des mois et des mois. Après plusieurs semaines de travail, nous avons tous réussi à donner à l'appartement une apparence vivable, mais il faut croire que réenménager chez soi demande du boulot puisque Yasuki, ce soir encore, m'a dit qu'il devait aller fouiller dans ses vieux cartons. Ça, c'était les journées. Tout le groupe les passaient ensemble, sauf Iku qui devait aller en cours (théoriquement, car elle en a séché plein durant cette période !)… Mes souvenirs de ces jours passés restent un peu flous dans mon esprit tellement je ressentais un mélange délirant d'émotions différentes.

Par contre, je me souvient très bien des nuits. Les toutes premières me voyaient insomniaque, angoissé, en proie à des crises de panique pure. Combien de fois ai-je téléphoné à Yasu à des heures indues pour vérifier, en larmes et tremblant, si je n'avais pas rêvé et qu'il était bel et bien vivant ? Combien de fois l'ai-je réveillé à une, deux, trois, quatre heures du matin pour qu'il m'assure que oui, il était revenu, non, il ne partirai plus… Ces insomnies dévorantes finirent par donner une idée à Shiki qui nous proposa, à Yasu et à moi, de me laisser dormir dans sa chambre. L'effet fut radical. Je ne dormis pas pour autant mais j'étais désormais moins paniqué, car Yasu dormais à un mètre à peine de moi et je pouvais le voir, l'entendre et le toucher. Le souvenir de ces nuits alimentèrent par la suite des rêves dont je refuse de parler ici.

Après les crises arriva une période de sommeil que je traversais encore à ce moment-là, où j'enchaînais des nuits blanches avec des heures d'un sommeil profond et ininterrompu, secoué par des cauchemars dont je me réveillais hurlant et qui étaient toujours suivis d'appels paniqués à l'intention de Yasu. À présent ça allais beaucoup mieux, je n'appellai plus mon meilleur ami comme ça sans raisons, mais j'avais toujours du mal à m'endormir. Je ne dormais toujours pas. Tant pis… Autant en profiter pour faire quelque chose d'utile et lucratif. Mais avant de me lever, juste fermer un peu les yeux pour se reposer…



« Saké… Saké ! Oh, Saké ! »

J'ouvris les yeux lentement. J'étais assis à un bar, la tête dans mes bras croisés sur le comptoir, et Yasuki me secouait doucement en m'appellant. Zut, je n'avais pas assez dormi hier soir, et je m'étais endormi à notre rendez-vous ! Oui, parce que Yasu m'avais appellé l'autre soir, me donnant rendez-vous dans ce bar, « comme au bon vieux temps », comme il l'avait formulé. Je grognais et me redressai en papillonnant des yeux.

« Et bah je suis rassuré ! Tu veux boire quoi ? »

Il y avais une carte devant moi, ouverte à la page des boissons. Une bière thaï ferait l'affaire ce soir, je n'avais pas très soif. Le verre d'alcool mousseux était posé à ma droite quand je fermais la carte, comme si le serveur avait lu dans mes pensées. Je portais la boisson à mes lèvres et allait avaler une bouchée quand mon pote me donna une tape sur l'épaule. Il avait un sourire étrange et charmeur, la tête penchée sur le côté. Il posa ses deux mains sur mes oreilles, rapprochant son visage du mien avec une moue canaille.

« Arrête de boire un peu et passe du bon temps avec moi… »

Ses lèvres se posèrent sur les miennes et…

BIP BIP BIIIIP ! BIP BIP BIIIIP !

Putain de rêve de merde.

Je tâtonnais à la recherche de mon portable avant de le retrouver serré dans ma main gauche. Je m'étais encore endormi avec apparemment… Il était dix heures du matin. J'avais donc six, sept heures devant moi pour me préparer et acheter mes cadeaux de Noël à Yasu. Largement suffisant ! Je me levais, enveloppé dans mon édredon pour ne pas mourir d'un choc thermique et me traînais à mon armoire, baîllant comme pas permis, à la recherche de vêtements enfilables. Alors… Caleçon propre, pantalon épais en velours, tee-shirt, sous-pull, pull en laine, grosses chaussettes. Pas le moment d'attrapper la crève. Mon pentacle ronronnait sur mon torse, effectuant sa purification, mais une violente toux me força à poser mes vêtements.

Un peu de Ventoline suffit sur le moment, mais je devais absolument aller à l'hôpital aujourd'hui. Depuis le retour de Yasu, j'y suivais un soutien psychologique en plus de mes soins. Les séances de soin avaient lieu cinq jours par semaine pendant trois heures et les rendez-vous chez le psychologue avaient pris fin avant-hier. Fichue mucoviscidose. Je me dépêchais de filer prendre une douche bien chaude, m'habillais, pris un petit-déjeuner rapide, choisis le plus chaud de mes manteaux et sortis de chez moi en fermant la porte à double-tour. Direction l'hôpital. Pour éviter toute fatigue et tout effort physique pendant l'hiver, j'étais forcé de prendre le taxi, mais l'hôpital remboursait gentiment le moitié des courses effectuées à la fin du mois. Trois heures plus tard, j'avais avalé un cocktail de médicaments dégueulasses, subis la torture exercée par le kinésithérapeute ainsi que toute une autre batterie de tests, mais je pouvais enfin respirer librement.

Après avoir mangé un sandwich à la cafétaria du coin (absolument immonde, mais c'est normal, elle fait partie des bâtiments hospitaliers), je pris un autre taxi, pour descendre en ville cette fois. Il me restait quatres heures et demi pour faire mes courses et je n'avais aucune idée de ce que je pouvais offrir à Yasu pour Noël. Rien. Nada. Lui rendre les clés de l'appartement ? Déjà fait. Qu'offre-t-on à notre meilleur ami si celui-ci revient du royaume des morts ? Un cercueil ? Ha ha haaaaa. Je suis hilarant, moi… Shiki, Iku et moi allions déjà lui faire un cadeau collectif, la chanson que nous avons composé en sa mémoire. Je ne pouvais donc pas la lui chanter. Un livre ? Un CD ? Un micro ?... Rien de ce que je voyais dans les vitrines des magasins ne me faisait plaisir. Enfin si, mon reflet : le froid me rendait tout rouge. Oui ! Enfin de la couleur !

Un livre serait une bonne idée, au final. C'est une des nombreuses passions communes de Yasu et de moi. Oui, mais… Quoi comme livre ? Roman étranger, roman japonais, théâtre, poésie, manga ?... Aucune inspiration ne me venait. Ah ! Mais si ! Il m'avait dis vouloir lire « Le journal de mon père » de Taniguchi, mais c'était juste avant la guerre. Enfin, je crois. Bah, on verra bien. La caissière me fit gentiment un superbe paquet que je n'arriverai jamais à refaire de toute ma vie (l'emballage c'est pas mon truc). Puis, passant devant une boutique de vêtements, je vis LE manteau. C'était le même que Yasu portait d'habitude sur scène, mais flambant neuf et avec une coupe plus masculine. Et la couleur était légèrement différente, s'accordant mieux avec le rouge. Et les paillettes brillaient plus. Et il avait l'air moins chaud, plus aéré. Et il avait la bonne taille.

Et il était cher, mais tant pis ! Après l'avoir acheté (mon portefeuille était beaaaaaaaaaucoup plus léger après ça), je me dirigeais vers le lieu du rendez-vous. Il fallait que mes cadeaux lui plaise ! Je priais pour que ce soit le cas. Quand j'atteignis le café, j'étais pile à l'heure et totalement essoufflé. Mon coeur battait la chamade et une nouvelle quinte de toux aussi grasse que les repas servis à la cafétaria de l'hôpital secoua mon corps chétif. Où diable était ce paquet de mouchoir que j'avais emporté en sortant ?

La chaleur du café fut pour moi comme une déesse salvatrice qui m'arrachait du froid glacial de l'hiver.


« Hé, Saké ! »

Yasu me faisait de grands signes de la main, l'air radieux. Je lui souris et me faufilais jusqu'à sa table où il m'accueilli d'une étreinte qui me laissa rêveur. Puis il m'invita à s'asseoir et dit en riant :

« Comment vas-tu ? Pas trop fatigué après les fêtes de Noël, tu tiendras jusqu’au Nouvel An ?
- Pas de soucis, ça va. C’est vrai que Noël était un peu éreintant… D’ailleurs, joyeux Noël ! »

Je lui tendis mes paquets en souriant, un peu anxieux. Il me les prit avec des remerciements enthousiastes et me tendit les siens. Un des paquets était presque aussi grand que moir et avait une forme qui m'évoquait une guitare. Difficle de savoir avec le papier kraft qui le couvrait. Je commandis une bière thaï au serveur, transmis la demande Yasu et m'assis en face de lui.

« On ouvre les paquets en même temps, d'accord ? »

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Yasu-ki Nihichimaru

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MessageSujet: Re: Comme au bon vieux temps. (PV Mugetsu)   Sam 12 Mar - 16:23

J’observai un instant les deux paquets que Saké me tendait avant de les prendre. Je fus agréablement surpris en constatant la souplesse de l’un des deux : ce devait être des vêtements et j’ai toujours adoré remplir ma garde robe ! Je les posai devant moi.

« Merci beaucoup, mec ! Moi aussi j’ai quelque chose pour toi. »

Je lui tendis les cadeaux que je lui avais préparés.

« Un pour Noël et un pour ton anniversaire ! » expliquai-je.

Il observa quelques instants le gros paquet – celui de l’étui à guitare – et j’esquissai un sourire malicieux. Je m’étais tellement consacré à la réalisation de cet étui que j’avais attendu le moment où Saké le déballerait avec une impatience morbide. Et le moment tant attendu semblait enfin être arrivé !

Un serveur vint prendre commande et je demandai un Punch Russe, histoire de boire quelque chose de chaud par un froid pareil. Je croisais les mains sur la table, me demandant quel paquet j’allais ouvrir en premier lorsque Saké proposa :


« On ouvre les paquets en même temps, d'accord ? »

Je ris légèrement face à cette proposition enfantine digne de mon meilleur ami. Certaines personnes trouvent impoli d’ouvrir un cadeau devant celui qui l’a offert, mais lui voulait qu’on les ouvre en même temps. Cette idée m’avait peut-être un peu surpris, mais je la trouvais néanmoins formidable !

« Bien sûr, c’est plus marrant comme ça. Mais alors on commence par les plus petits ! »

Je lui jetai un coup d’œil amusé et pris le plus petit paquet, celui qui avait une forme rectangulaire. Je fonctionnais comme ça depuis gamin : toujours commencer par le plus petit et par les lettres pour terminer par le plus gros ! C’était peut-être une technique pour faire durer le plaisir du suspens, parce que les plus gros paquets ont toujours plus attiré mon attention. Saké avait lui aussi son cadeau dans les mains.

« Je compte… un… deux… trois ! »

Je m’esclaffai en déchirant bruyamment l’emballage. Ça aussi c’était traditionnel chez moi : sentir le papier se déchirer pour révéler son contenu était juste bonnifique ! Oui je sais, ce mot n’existe pas mais il sonne bien.

Je finis donc de déballer mon cadeau et un large sourire s’étira sur mes lèvres. C’était un livre ! Je lis sur la couverture Le journal de mon père et restai incrédule quelques instants. Je me rappelai avoir attendu impatiemment la sortie de ce livre avant la guerre, mais l’occasion de le lire ne m’avait jamais été offerte – je vous laissez deviner pourquoi. J’avalai péniblement ma salive, soudainement pris d’une légère vague de mélancolie. Je relevai les yeux vers mon meilleur ami, ému.


« Merci Saké, je… Tu t’es souvenu que je voulais lire ce bouquin pendant tout ce temps ? »

Je venais de me rappeler que de nombreux mois s’étaient écoulés depuis le moment où j’avais évoqué ce livre. Parfois j’oubliais que j’avais été absent pendant autant de temps, c’est pourquoi je mis autant de temps à réaliser que Saké s’était souvenu de ça durant toute cette période, malgré la guerre et ses conséquences difficiles.

C’est à ce moment que le serveur arriva, muni de nos boissons respectives. Je le remerciai poliment et bus une gorgée d’alcool chaud.


« C’est incroyable, t’as carrément une mémoire d’éléphant. »

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MessageSujet: Re: Comme au bon vieux temps. (PV Mugetsu)   Ven 1 Avr - 19:47

Scraaaaaaatch !

Ah, ce bruit ! Celui du papier d’emballage qu’on déchire, qu’on froisse entre ses doigts, et qui révèle, morceaux par morceaux, son contenu, la surprise tant attendue. Que de réminiscences de Noëls et d’anniversaires ! Bien que pour moi, les deux dates tombent au même moment… Yasu et moi sourirent au même moment. Nous avions chacun un livre en premier cadeau ! Lui, le manga de Taniguchi, et moi, un roman ! « La Société des Jeunes Pianistes » de Ketil Börn… Böjns… Bstadörn… Bjasörndj… Ad… Euh… Un nom scandinave quoi, le genre imprononçable. Je ne connaissait pas du tout mais je fais confiance à Yasu quand il s’agit de lecture, nous avons les mêmes goûts. Il me tardait de le lire ! Je levais la tête vers mon ami, impatient de voir son expression. Il rayonnait, Ô bonheur ! J’avais donc vu juste, c’est bien ce livre-là qu’il désirait. Ah, cette tête de gamin qu’il faisait quand il était heureux me faisait toujours rire. J’étouffais un gloussement lorsque le serveur arriva ; j’avalais une gorgée de bierre, bien fraîche et mousseuse, écoutant ce que me disait Yasuki.


« Merci Saké, je… Tu t’es souvenu que je voulais lire ce bouquin pendant tout ce temps ? C’est incroyable, t’as carrément une mémoire d’éléphant. »

J’avalais de travers et reposait ma bouteille sur la table. Non, Yasu, je n’ai pas une mémoire d’éléphant. Je ne me souviens que de ce qui te concerne parce que je t’aime à la folie et parce que j’ai souffert, terriblement souffert pendant ton abscence, et que je refusais d’oublier quoi que ce soit qui se rapportait à toi. Ça me semblait une trahison, une perte irréparable. J’ai cultivé ma douleur et ma folie en écrivant tout ce qui ressortait des abysses de ma mémoire, tout mes souvenirs de toi. Ces cahiers, je les ai brûlés, mais les mots sont restés gravés dans mon esprit en lettres de feu.

Mais je ne pouvais pas lui dire ça. Mes lèvres scéllées interdisaient à tous ces mots d’amour et de douleur ne sortir, de s’envoler, de parvenir à tes oreilles. Tremblant, nerveux, la gorge sèche, je déchiquetais lentement le papier brillant que j’avais gardé dans les mains, couvrant mes genoux et la table de confettis. Les yeux obstinément fixés sur mes mains, je but de longues gorgées de bière thaï pour masquer ma gène. Ne pleure pas, ne pleure pas, ne pleure paaaas…


« Je… Non, pas exactement. Je me souviens de ça parce que… Je voulais pas t’oublier, alors… J’ai essayé de me rappeler de tout. Je voulais pas perdre les seules images que j’avais de toi, les seuls moments vécus ensemble, parce que je croyais que ça ne se reproduirait plus jamais ! Mais… C’est plutôt utile pour les cadeaux finalement ! »

Je ris, d’un rire forcé, pour changer de sujet. Passons à autre chose, ne restons pas sur ce terrain miné. Il me restait justement un paquet à ouvrir. Avec la permission de Yasu, je l’ouvris avant que lui n’ouvre le mien. La forme couverte de papier kraft brun évoquait un étui à guitare. Impatient de vite oublier les histoires de guerre et de disparition de l’être aimé, j’arrachais de larges pans de papier, me noyant presque sous la quantité d’emballage déployée. Et puis là, émerveillement. Un nouvel étui à quitare, tout neuf. J’avais vu juste. Noir et brillant, il était à la bonne taille et semblait assez léger pour que je puisse le porter. Les fermoirs argentés brillaient de mille feux. Je les ouvrit.

« Oh mon Dieu… »

À présent, d’énormes larmes coulaient sur mes joues. Collées à l’intérieur, des photos faisaient renaître en moi des souvenirs. Yasu, Shiki, Iku et moi, partout. Aux débuts du groupe, à la plage, dans mon appartement. Que des bons moments figés sur du papier glacé, les mêmes moments dont j’avais cultivé le souvenir, ces précieux fragments de notre histoire commune. Je ne retenais même plus mes pleurs et mes sanglots. J’étouffais de tristesse et de joie en même temps. Je séchais mes joues d’un rapide coup de manche, calmant mes frissons nerveux.

« Oh, Yasu, j’y crois paaas… C’est… Le plus cadeau de toute ma vie ! Mon Dieu, c’est… Tellement gentil de ta part… Je… Ou… Ouvre ton cadeau, allez, c’est ton tour… »

Je finis rapidement ma bière, inspirant profondément pour retrouver un semblant de calme. S’ajoutait à toutes mes émotions l’angoisse de savoir si le manteau allait plaire à Yasuki, lui qui était si pointilleux dans son habillement…

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MessageSujet: Re: Comme au bon vieux temps. (PV Mugetsu)   Mer 13 Avr - 15:18

En voyant l’air triste de Saké tandis qu’il expliquait pourquoi il s’était souvenu de ça pendant aussi longtemps, je compris que ma réflexion n’avait pas été une très bonne idée. Je savais combien mon meilleur ami avait souffert après la guerre, tout comme Iku, et je regrettai amèrement de ne pas avoir été présent pour eux durant cette période difficile. Je m’en voulais presque pour ça.

Gêné par ce soudain creux dans l’ambiance, je hochai la tête avec un sourire en coin lorsque Saké commença à ouvrir son second cadeau. Je bus quelques gorgées de ma vodka brûlante pour cacher mon anxiété et mon excitation, appréciant le goût particulier du breuvage et la brûlure sur mon palais et dans mon œsophage. Lorsque l’étui à guitare fut enfin dénudé de son papier kraft, je me penchai un peu en avant au-dessus de la table, guettant le moment où Saké l’ouvrirait.

Je devais avouer que j’étais plutôt fier du résultat. Ces photos en noir et blanc étaient belles, remplies de vie et d’émotion ; j’avais passé un temps fou à les coller proprement ! Mais le résultat en valait largement la peine. Je n’avais pas prévu que Saké pleure en ouvrant son cadeau, et le voir aussi ému me fit sourire de bienveillance.


« Je suis content que ça te plaise autant… ! »

Je passais une main dans mes cheveux pour repousser les mèches qui avaient glissé jusque devant mon visage et fixai le dernier paquet survivant suite à ce génocide de cadeaux. Je le plaçai devant moi et dit d’une voix faussement solennelle :

« C’est ainsi que pris fin la vie de ce paquet cadeau, dernier représentant de son espèce. Paix à son âme. »

Je déchirai brusquement sans aucune forme de considération le papier cadeau flambant neuf. La première chose que je vis, c’était qu’il s’agissait de tissu, donc de vêtements. Curieux, je retirai précautionneusement le contenu du paquet. Un instant, j’écarquilla les yeux. C’était une tenue de scène ! La même que la mienne, en plus colorée, plus brillante et mieux taillée ! Me levant, je dépliai le haut de la tenue et la plaquait contre mon torse et mes bras. C’était parfait, juste parfait, parfaitement parfait !

Un large sourire pendu aux lèvres, je m’exclamai :


« Ouah Saké, c’est magnifique, c’est parfait ! Tu me connais par cœur ou quoi ?! »

Je me rassis sur ma chaise en riant de bon cœur. Je repliai mon superbe cadeau pour ne pas l’abîmer et dis d’une voix un peu plus calme que précédemment :

« J’ai hâte de pouvoir l’essayer… mais bon sang, ça a dû te coûter la peau du cul ! »

Les bonnes manières dictant de ne jamais demander le prix d’un cadeau, je n’insistai pas plus. Je repris une gorgée de punch, qui commençait à devenir tiède d’ailleurs, et ne pus m’empêcher de sourire à nouveau.

« Qu’est-ce que ça fait du bien d’être là ! »

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Mugetsu Nakahara

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MessageSujet: Re: Comme au bon vieux temps. (PV Mugetsu)   Sam 7 Mai - 13:50

« C’est ainsi que pris fin la vie de ce paquet cadeau, dernier représentant de son espèce. Paix à son âme. »

Un petit rire s'échappa de ma gorge, noyé dans mes dernières larmes et le bruit du papier d'emballage qui se déchirait en crissant, jetant des éclats de lumière. Je finis ma bière pour finir de me calmer, ignorant la pulsion dérangeante dans mon ventre. L'alcool était plus qu'interdit dans mon cas, mais c'état un péché mignon et j'en payais les frais avec mes intestins pourris. Mais ce genre de chatouilles dans l'estomac finissait par partir rapidement si je ne forçais pas trop sur la bouteille. Mon paquet, ouvert, laissait voir du tissu chatoyant. À la lumière des lampes, mon cadeau semblait encore plus beau ! Je me penchais en avant, avide et impatient de voir ce que Yasu dirait.

Celui-ci se leva, tirant dans le même mouvement le manteau chatoyant contre lui. Le paquet cadeau s'envola avec et retomba au sol comme une plume brillante et multicolore. Mais ce qui scintillait le plus, c'était Yasuki. Il avait plaqué la tenue contre lui et ça lui allait parfaitement, magnifiquement meme ! Il avait une de ces classes, et un de ces corps, et putain ce que j'étais content d'être son ami. Et de faire parti de YOMI'S Dawn. En fait, tout était merveilleux, sauf les habituels Jumeaux Obscures, à savoir ces chers Amour Secret et Mucoviscidose, même si la magie de l'instant faisait pâlir leur ombre.


« Ouah Saké, c’est magnifique, c’est parfait ! Tu me connais par cœur ou quoi ?! J’ai hâte de pouvoir l’essayer… mais bon sang, ça a dû te coûter la peau du cul ! »

Si je le connaissais par coeur ? Hé, il plaisantait... J'étais de loin son plus grand fan, et en plus j'étais son ami intime. Si la moindre des groupies qui huralaient quand on étais sur scène connaissait le nombre d'objets lui ayant appartenus ou le nombre de photos que j'avais de lui, elle ferait une apoplexie foudroyante. Bien fait pour elle. Mais je ne dis rien. Juste un grand sourire et un rire joyeux, et aucune indication sur le prix astronomique d'une telle merveille textile.

« Ouaip, ça fait du bien. Je croyais vraiment que tu ne reviendrai jamais... Oh putain, si tout ça est un rêve, je vais tuer quelqu'un à mon réveil, ça c'est sûr ! »

J'avais envie qu'il me tienne la main pendant qu'on se parlait, et j'avais envie de me tenir contre lui aussi. Pour vérifier qu'il était réel, bien sûr, il n'y a rien de fantasmagorique (dans le sens : "qui a un rapport quelconque avec un fantasme homosexuel quelconque) là-dessous. Il y eu un silence, mais un silence agréable, et le fond sonore de cette salle de bar était agréable lui aussi. Tout était bien, merveilleusement bien à vrai dire. Mais si je trouvais un sujet de conversation, ce serait encore mieux. Il y avait bien cette question, une question universelle qui me taraudait depuis que je savais que mes jours étaient comptés...

« Dis, Yasu... C'est peut-être un peu délicat, mais... C'est comment la mort ? il y a vraiment quelque chose après ? »
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Yasu-ki Nihichimaru

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MessageSujet: Re: Comme au bon vieux temps. (PV Mugetsu)   Dim 22 Mai - 10:27

Pris d’une brusque soif de vie, je saisis mon verre à moitié plein et le vidai d’une traite. Je sentis la chaleur incendier mon œsophage et arriver jusque dans mon estomac, la sensation remontant jusque dans mon nez. L’effet pouvait être désagréable, mais pour un habitué comme moi qui n’avait plus savouré cela pendant longtemps, c’était juste vivifiant.

Je reposai mon verre un peu brutalement, le faisant claquer contre la table. Je regardai Saké avec le plus de sérieux possible, le rassurant cependant avec une voix chaude et amicale :


« C’est pas un rêve, Saké. Je suis bien là, en chaire et en os. »

Je soupirai légèrement, comme si cette phrase me rassurait moi aussi. Je comprenais la crainte de mon meilleur ami. À moi aussi si on m’annonçait que ce retour n’était qu’un rêve je serais capable du pire. Nerveux juste en y pensant, je passai une main dans mes cheveux pour les repousser un peu en arrière. Je fermai les yeux, savourant l’instant présent. Un silence s’était installé entre Saké et moi, comme si nous préférions écouter la vie faite de tintements de verres, de rires et de lumière tamisée dans le bar.

« Dis, Yasu... C'est peut-être un peu délicat, mais... C'est comment la mort ? il y a vraiment quelque chose après ? »

Je rouvris les yeux, me figeant instantanément. Je m’étais attendu à cette question, il me semblait évident que quelqu’un allait me la poser un jour ou l’autre. Pourtant, maintenant que c’était fait, je ne savais pas trop quoi répondre. Je me serais retrouvé beaucoup plus à l’aise pour expliquer comment on fait les bébés (ahah ah !) à un gamin de huit ans. Mais là, décrire la mort… me semblait irréalisable. Déjà, raconter quelque chose d’immatériel, comme la vie ou l’amour par exemple, c’est pas évident. Mais vraiment, la mort, c’était pire que tout… !

« Eh bien… Comment dire ? »

Je jetais des regards à droite et à gauche, un peu comme si je cherchais un écran télévisé sur lequel apparaîtrait le texte que je devais dire.

« Ne te vexe pas si je n’ai pas envie d’en parler, hein… ! De toute manière je n’arriverai pas à mettre de mot là-dessus. Disons que ce n’est pas comme on le pense ; la vie n’a rien d’égalable. »

Je regardai mon ami d’un air contrit, espérant qu’il ne m’en voudra pas pour ma réponse qui n’en était pas une. Tapotant mes doigts sur mon verre vide, je dévisageai Saké et changeai vite de sujet.


« Parlons plutôt de la vie ! Qu’est-ce que tu deviens, toi ? Tu as déménagé ? Tu t’es trouvé une petite amie à ton goût ? »

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MessageSujet: Re: Comme au bon vieux temps. (PV Mugetsu)   Mer 25 Mai - 16:40

[Bwéhéhé, désolé pour la fin, mais je me suis dit que remettre un peu d'action ne ferait pas de mal °°]

« Eh bien… Comment dire ? Ne te vexe pas si je n’ai pas envie d’en parler, hein… ! De toute manière je n’arriverai pas à mettre de mot là-dessus. Disons que ce n’est pas comme on le pense ; la vie n’a rien d’égalable.»

Ah. Bah... Ça ne m'avance pas beaucoup, hein ? Que la vie soit inégalable moi je veux bien, je le sais même, donc de ce côté je suis tranquille. Nan, le truc c'est que justement, ce truc inégalable, je vais le quitter dans moins de vingt ans si mon corps dure jusqu'à cette date, alors ce qui m'intéresse, c'est ce qu'on trouve après. Et la manière dont on réssucite, tant qu'à faire. Si je lui disais ça, il me parlerait peut être plus de la mort. Sauf que voilà, c'est le Grand Secret Diabolique n°2, à savoir : salut salut voisinou, j'ai la muciviscidose et je crever à cinquante ans si j'ai de la chance. Chose que je ne pourrai décemment jamais révéler. Pas plus que mon amour. Parce que je sais comment il réagira : il sera effrayé au début, puis il sera mal à l'aise dès qu'il sera avec moi ou dès qu'il entendra mon nom, et ça je ne pourrai pas le supporter.

Mais le fait de garder ça secret, vais-je le supporter bien longtemps lui aussi ?

Je me frotte les mains, ayant brusquement froid, et je regarde au fond de mon verre vide. Les quelques gouttes de bière qui restent déforment mon visage, me changeant en monstre encore plus horrible que je ne le suis déjà. Si je pouvais voir mes sentiments, je ressemblerai à un trou noir qui dévorerait toute ma raison et ma substance vitale, j'en suis sûr. Mes yeux glissent sur les cicatrices blanches qui ornent mes poignets. Quand je me charcutais la peau, est-ce que c'était un moyen d'évacuer le néant qui détruisait ce que je ressentais pour ne laisser en moi que tristesse et désespoir ? Automatiquement, je commence à remonter ma manche. Cicatrice, cicatrice, cicatrice. Des petites scarifications blanchâtres qui remontent le long de mes bras, presque invisibles sur ma peau pâle, bien que l'éclairage du bar les fassent légèrement ressortir. Je n'en éprouve que dégoût de moi-même.


« Parlons plutôt de la vie ! Qu’est-ce que tu deviens, toi ? Tu as déménagé ? Tu t’es trouvé une petite amie à ton goût ? »

Je sursaute et rabat ma manche avec un geste brusque, levant un regard affolé et des joues empourprées vers Yasu. Agreeeeeeeeeeeeuh ? Petite amie ? Quelle petite amie ? Choisis dans la liste, Yasu dear. Fais ton shopping.

"Euh... Nan, je crèche toujours au même endroit. Je suis... Attaché à cet endroit. Parce que, bah... Y a un peu de ta présence dans chaque pièce, alors tu comprends... Quand aux petites amies..."

Bah, j'aimerais que ce soit toi, ma petite amie.

"... J'ai trouvé personne qui m'intéressait... En fait, c'est parce que j'aime trop une personne en particulier... Et puis..."

Je suis gay.

"... Et puis rien. C'est pas grave. Et toi, Dom Juan, viril et éternel adorateur des femmes, tu enchaîne toujours les conquêtes ou tu va décider à te fixer ?"

Je ris et lui donne un petit coup de poing sur l'épaule pour détourner l'attention. Nan parce que je dit pas que les femmes c'est pas bien, et que le sexe faut pas en abuser, mais on aimerait bien voir notre mascotte au poil rouge se trouver une fiancée régulière avec qui il se mariera peut-être... Quelqu'un qui pourrait remplacer Kimi par exemple. J'évite de dire ça à haute voix, mais je sais qu'il sait que je pense ça. On le pense tous et il est au courant. Et bien sûr il a horreur de ça. Je le comprends. Bien qu'étant réssucité, j'ai l'impression d'aimer un mort. Parce que mon amour ne sera jamais réciproque. Je me retiens de pleurer mais une petite larme s'obstine et vient rouler sur ma joue. Merde. Je l'essuie de dos de la main et renifle fort.

"Sale pédé !"

Je sursaute et tourne la tête, le coeur battant la chamade. C'est pas possible. Personne n'as pu deviner. Je parcours la salle du regard, les mains crispées à en avoir les jointures blanches. Panique pure. Au fond de la salle, un jeune homme absolument adorable... Pardon, un jeune homme avec une assez belle gueule... PUTAIN ! Un mec beau, et cet adjectif n'inclut rien d'homosexuel, est allongé par terre, la main sur le nez avec du sang qui coule entre ses doigts. Un petit groupe de quatre ou cinq racailles le contemplent de haut, ricanant assez méchamment. Le chef, casquette vissée en arrière et regard mauvais, s'avance et décoche un coup de pied au type qui lâche un cri de douleur.

Mon sang ne fait qu'un tour. Personne ne réagit ou quoi ? Ils ont tous l'air figés, incrédules, attendant la suite des évènements. Quoique, c'est peut-être le magos du groupe qui les empêche de bouger ? Et bah tant pis, moi je peux avancer et c'est ce que je fais. Je me lève si brusquement que ma chaise tombe avec fracas, ce qui arrache le barman à son hébètement.


"Laissez-le tranquille !"

En trois pas je m'interpose entre mon compatriote (ouais, compatriote gay. N'en rajoutez pas) et ses agresseurs. Je ne fais pas le poids. Je suis un Hôte-Miroir rachitique et rase-moquette contre six gros bras qui ont l'air méchamment remontés.

"Dégage, blondinet. On est en train de casser du pédé, tu vois pas ?
- Si. C'est justement ça qui me dérange, connard."

Ce qui me dérange l'instant d'après, c'est le fait de ne plus avoir de souffle à cause d'un coup de poing redoutablement bien placé.
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MessageSujet: Re: Comme au bon vieux temps. (PV Mugetsu)   Sam 28 Mai - 10:06

    (H-RP : aucun problème, j'adore ! \o/)

J’eus un faible sourire. Aussi loin que je me rappelai, je n’avais jamais vu Saké sortir avec une fille. Et pourtant il me semblait qu’il n’était pas laid, et il n’avait plus rien à prouver sur sa sympathie. Ça me rendait un peu triste pour lui de le voir toujours seul… Son air un peu affolé m’inquiétait un peu. Il ne me cacherait pas quelque chose, quand même ? À moi qui lui disais toujours tout ? Je le fixai les sourcils légèrement froncés, cherchant un indice quelconque. Mais je n’avais jamais été très doué pour comprendre ce que les autres essayaient de cacher, et ce n’était pas maintenant que les choses allaient changer. Et pourtant ce n’était pas faute de bonne volonté !

« Et toi, Dom Juan, viril et éternel adorateur des femmes, tu enchaînes toujours les conquêtes ou tu vas décider à te fixer ? »

Un vrai-faux large sourire s’étala sur mes lèvres. Vrai parce que j’aimais bien parler femmes et qu’il était vrai que je les adorais. Et puis si je les enchaînais, ce n’était pas parce que j’étais un pervers, loin de là ! C’est simplement que… je me lassais vite. Faux parce que j’avais saisi le sous-entendu caché dans la question de mon meilleur ami. Je ne m’étais jamais vraiment fixé depuis le décès de Kimi, incapable de la remplacer. Et c’était encore valable à ce jour, presque dix ans plus tard. Je sentis mon cœur se serrer et je regardai Mugetsu d’un air accusateur. Et pourtant je ne pouvais pas lui en vouloir d’avoir abordé ce sujet là – surtout que c’était moi qui avais commencé – parce que si je pouvais parler de ça avec quelqu’un, c’était bien avec Iku ou lui. En le regardant ainsi, il me semblai apercevoir une larme rouler sur sa joue, bien vite essuyée par un revers de manche. Incertain de ce que j’avais vu, j’allais lui poser la question lorsqu’une voix dure et forte cria :

« Sale pédé ! »

À ce moment là Saké détourna son attention de moi. Moi aussi je dirigeai mon regard vers la source du bruit et aperçus un groupe de racailles en train de bizuter un autre homme au fond de la salle. Je détestais ce genre de personnes habillées sans aucune classe, parlant grossièrement en appuyant méchamment sur certaines syllabes pour donner à notre jolie langue des intonations agressives et désagréables. Ils essayaient de se donner un style admirable mais se rendaient ridicules et exécrables plus qu’autre chose. Fronçant les sourcils devant cette violence gratuite, je reculai un peu ma chaise sans m’en rendre compte, prêt à me lever. Mais mon meilleur ami fut plus rapide que moi. Il se leva si brusquement que sa chaise frappa le sol en me faisant sursauter. Je le vis filer devant les six caïds et s’interposer entre eux et leur victime. Pressentant que les choses allaient encore plus mal tourner qu’elles ne l’étaient déjà, je me levai à moitié de ma chaise en m’appuyant du plat de la main sur la table.

Et je n’avais pas tord. À peine le premier coup fut-il porté à mon meilleur ami que je bondis de ma place et attrapai celui qui avait levé le poing par le col. Ce qu’il y avait de bien chez ce genre de types, c’est qu’ils se donnaient un air robuste et puissant mais ne savaient même pas se battre en réalité. Juste des petites femmelettes qui se cachaient derrière un faux masque de brutalité. Certes ils étaient six, mais moi je savais me battre depuis gamin et mes muscles n’étaient pas de la gonflette – contrairement à d’autres. Je plaquai violemment l’homme que j’avais attrapé contre le mur et lui assénai un magistral coup de genou dans l’entre jambes. Aucune pitié pour ceux qui oseraient lever la main sur mes meilleurs amis ! Je me retournai et crochetai les genoux d’un autre gars en le frappant durement derrière la nuque. Le coude d’un troisième frappa ma lèvre inférieure, éclatant la chaire pulpeuse et faisant couler le goût ferreux du sang dans ma bouche. Je claquai mes mains sur les deux oreilles de l’homme et lui balançai un redoutable coup de poing dans les côtes, le faisant tomber sur un des ses camarades qui se trouvait derrière lui. L’action avait duré moins longtemps qu’il en faut pour le dire et les deux types encore debout semblaient hésiter à s’approcher de moi. Tant mieux.

Essoufflé, j’essuyai du revers de ma manche le sang qui perlait à mes lèvres. Je me retournai et donner un coup de chaussure contre le premier que j’avais mis à terre, celui qui semblait être le chef de la bande. Je l’obligeai à se relever et lui dis d’un ton glacial :


« Écoute, toi et ta bande de racailles des bacs à sable vous allez ramasser vos copains et vous tirer d’ici au plus vite. Je suis assez clair ? »

Je le repoussai avec une grimace de dégoût et reportai mon attention vers mon meilleur ami et l’autre homme, aidant ce dernier à se relever.

« Ça va aller ? Tu te sens bien Saké ? »

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